Association de soutien à l’Église catholique en Afrique

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Vœux et nouvelles d’Afrique

mercredi 27 décembre 2017

La période de Noël et de Nouvel An est propice à l’échange de vœux.
Chaque semaine, nous recevons, au secrétariat d’
Aide aux Églises d’Afrique, plusieurs dizaines de courriers électroniques venant d’Afrique : demandes de subventions pour des projets pastoraux, rapports concernant d’autres projets qui ont pu être financés...
Parmi tous ces courriers, nous recevons des petits mots – souvent très sympathiques ! – exprimant la joie de la collaboration entre les Églises d’Afrique et les chrétiens de France. En ces jours, arrivent également des nouvelles et des cartes de vœux pour la fête de Noël, que nous venons tout juste de célébrer, et pour le Nouvel An. En voici quelques-unes.

Un technicien du Centre de communication du diocèse de Dédougou, Burkina Faso, le CEDICOM, pendant la transmission d’une émission à la radio diocésaine, photo Diocèse de Dédougou.


« En union avec toute la famille diocésaine de Dédougou [diocèse du Burkina Faso], Je vous souhaite un Joyeux Noël 2017. J’invite chacun à s’engager de tout cœur à bâtir durant cette Nouvelle Année 2018, un monde de Justice, de Paix et de Charité agissante. » Mgr Léopold Ouedraogo, administrateur apostolique de Dédougou.
Mgr Léopold présente également un court texte du pape François : « La vraie foi est celle qui nous rend plus charitables, plus miséricordieux, plus honnêtes et plus humains : c’est celle qui anime les cœurs pour les porter à aimer tout le monde gratuitement, sans distinction et sans préférence ; c’est celle qui nous conduit à voir dans l’autre non pas un ennemi à vaincre, mais un frère à aimer, à servir et à aider... L’unique extrémisme admis pour les croyants est celui de la charité !  » Discours du pape François, Le Caire, le 29 avril 2017.

Mgr Martin Happe (photo ci-contre, photo M. Robert), évêque de Nouakchott, en Mauritanie, a envoyé un long courrier dans lequel il donne des informations sur son diocèse. Avec un certain humour, il parle du travail formidable des religieuses : « Si vous larguez une Sœur en plein Sahara et vous lui laissez comme seul équipement un parapluie, allez la retrouver trois ans plus tard ! Vous la trouverez à la tête d’un hôpital en plein rendement au service des pauvres !  » Puis, à l’adresse de certains évêques qui lui demandent « comment il s’y prend avec les Sœurs », il répond : « Si vous voulez bien collaborer avec des Religieuses, il faut bien avoir compris ceci : 1. La logique des hommes et celle des femmes n’est pas la même ; 2. Celle des Religieuses est encore bien différente. 3. Si, en plus, vous acceptez de vous laisser interpeller par la logique des Sœurs, vous ferez ensemble des merveilles ! »

Une tikit, maison traditionnelle dans une palmeraie de la région d’Atar, en Mauritanie, photo M. Robert.

Puis il raconte comment une Sœur est arrivée à ses fins, petit à petit : « Depuis de nombreuses années, nos Sœurs s’investissent dans des centres où elles accueillent des enfants dénutris ou malnutris. Il y a une dizaine d’années, nous est arrivée Sœur lsabel, une Fille de la Charité, Espagnole. Auparavant, elle avait servi au Cameroun. À Nouakchott, on lui a confié la responsabilité de deux de ces centres pour enfants malnutris. Alors, en bonne infirmière, elle a voulu connaître les causes de cette malnutrition et a commencé à visiter les familles des enfants qu’on lui amenait. C’est ainsi que, dans une famille, elle a découvert deux enfants handicapés mentaux qu’on cachait. Alors, forte de son expérience acquise au Cameroun, elle dit à la maman, qu’elle peut faire quelque chose pour ces enfants, de les lui amener le samedi matin, jour où le centre n’accueille pas d’enfants malnutris.
De deux enfants au départ, c’était vite devenu un groupe de cinq, puis de dix... au point que le médecin chef du poste de santé où se trouve le centre a réagi en disant que ce n’était pas la vocation de son poste de santé d’accueillir des handicapés mentaux.
Cela m’a valu la visite de Sœur lsabel, accompagnée de Sœur Anna.
"Père Évêque, il faut nous aider. Il nous faut une infrastructure pour pouvoir accueillir ces enfants et cela trois ou quatre fois par semaine. Un simple hangar fera l’affaire ! Nous avons déjà le terrain." Vous devinez la suite : il faut une salle, il faut des cuisines, des toilettes, un magasin... et finalement une annexe, car les bâtiments existants ne peuvent pas accueillir 50 enfants avec leurs mamans. Pas besoin de dire qu’un minibus ne pouvait pas tous les ramasser non plus, donc il a fallu en acheter un deuxième... Et avec ça, on n’a pas encore parlé des dépenses courantes pour le fonctionnement, des rétributions pour les monitrices et les chauffeurs... »

Jeune oasien sur son âne, dans la région de Chinguetti, en Mauritanie, photo M. Robert.

Avant de conclure : « En les écoutant, en les aidant, l’évêque et nos bienfaiteurs ont, par leur entremise, l’opportunité de répondre à l’invitation que l’Église nous adresse dans l’oraison du 1er dimanche de l’Avent : "Donne à tes fidèles, Seigneur, d’aller avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur..."
À vous tous, je souhaite un Joyeux Noël et une Bonne Année 2018 avec plein d’opportunités d’aller à votre tour
"avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur !" »

Un groupe de catéchistes pendant une session de formation à Korogho, en Côte d’Ivoire, photo Abbé A. Manda.
Mgr Ignace Bessi Dogbo, diocèse de Katiola, en Côte d’Ivoire nous a fait parvenir une jolie carte sur laquelle il a écrit : « Par le témoignage et aussi par la parole, parlons de Jésus, Prince de la Paix, à tous. Transmettons-leur la joie de Noël. Et pour cette Année Nouvelle 2018, éveillons en eux le désir de Dieu et montrons-leur la beauté de l’Évangile ainsi que le style de vie qu’il nous propose ! »

Un jeune maraîcher, de la région de Natitingou, Bénin, récolte des piments qui seront vendus au marché ou qui serviront pour les repas de la famille, photo M. Robert.

Le P. Rodrigue Hounwado est recteur du grand-séminaire Saint-Pierre de Natitingou, au Bénin. Il réagit à l’annonce de l’acceptation d’un projet qu’il a présenté à Aide aux Églises d’Afrique : « Nous venons de lire avec grande joie votre mail nous annonçant l’accueil favorable qu’a connu notre demande de subsides. Nous voudrions de tout cœur vous dire un sincère merci pour ce précieux secours qui va nous aider énormément dans la mission.
Nous exprimons nos sincères gratitudes à vous, au président, le P. Antoine SONDAG, à tous les membres de la commission et à tous les généreux donateurs. Nous vous rassurons que nous réaliserons le projet dès que nous aurons reçu les subsides et nous veillerons à vous transmettre le rapport moral, nos remerciements, les factures, les photos et toute la documentation nécessaire. Une fois encore, merci infiniment à Aide aux Églises d’Afrique !
Nous vous souhaitons un Joyeux Noël 2017 et une Heureuse Année 2018 remplie de la présence de Dieu dans votre vie. Toute notre communauté prie pour vous.
 »

Visage d’une jeune garçon Pokot du village de Tangulbei, au Kenya, photo M. Robert.

Un simple mot du P. Maxwell Atuguba, missionnaire dans le diocèse de Nakuru, au Kenya : « La communauté chrétienne toute entière et les jeunes de la mission catholique de Tangulbei vous souhaite, à vous et à tous vos collaborateurs, un Joyeux Noël et une Nouvelle Année 2018 très prospère. Puisse le Verbe incarné bénir votre générosité. Asanteni sana ["Merci beaucoup", en swahili] ! Le vidéoprojecteur que nous avons pu acheter grâce à votre aide nous est très utile pour la formation catéchétique et provoque un grand enthousiasme ! »

Le Cardinal Dieudonné Nzapalainga, alors jeune archevêque de Bangui, Centrafrique, lors d’une tournée de confirmation, photo DR.

Dans son courrier de Noël et de Nouvel An, le P. Patrick Mbéa, de Bangui, en Centrafrique, parle de la situation difficile que vit son pays, à cause de la guerre civile et des exactions commises par toutes les factions. Puis il raconte une expérience récente : « Je voudrais particulièrement vous partager une expérience vécue du 10 au 18 décembre 2017 lors d’une tournée avec une équipe accompagnant le Cardinal Dieudonné Nzapalainga dans le diocèse de Bambari. Nous avons pris le risque de parcourir en véhicule les localités de Grimari, Kouango, Bangao, Ippy, Bria et Bambari à la rencontre des populations. Les routes sont épouvantables. On parcourt en moyenne 200 km en 5 ou 6 heures de temps. Les préfectures de la Ouaka et de la Haute-Kotto sont sous le contrôle des groupes armés, des rebelles de la coalition séléka, en majorité des musulmans appuyés par des mercenaires tchadiens ou soudanais, et les anti-balakas, groupes rebelles dits autodéfenses composés essentiellement des jeunes villageois chrétiens ou "animistes". Ces groupes s’affrontent depuis bientôt 4 ans et font beaucoup de victimes. Les populations civiles souffrent atrocement. Beaucoup de villages sont désertés, des maisons incendiées ou détruites. Les gens fuient en brousse ou vivent dans les camps de déplacés, autour des églises ou des camps des militaires onusiens (MINUSCA). Parlant de ces derniers, malgré le déploiement de cette force depuis trois ans avec des moyens conséquents, elle n’arrive toujours pas à venir à bout des groupes armés qui s’affrontent, pour ramener la paix et protéger les populations. La situation est complexe. Le désespoir gagne les populations, victimes innocentes des conflits économiques.

Des femmes, portant leurs enfants dans le dos, errent sur les routes de Centrafrique, photo DR.

Partout où nous sommes passés, les populations se plaignent de la MINUSCA qui ne remplit pas comme il faut sa mission de maintien de la paix. Dans le cas de la Centrafrique, il faudrait parler d’imposition de la paix par le désarmement des groupes rebelles. Pour maintenir la paix, il faut d’abord l’avoir. Partout où nous sommes allés, les groupes armés font la loi. Ils érigent des barrières pour imposer toutes sortes des taxes aux populations. Les habitants ne peuvent pas vaquer librement à leurs activités. Les enfants ne vont pas l’école. Les postes de santé sont inexistants. Les femmes vivent dans la peur à cause des cas fréquents de viols.
Certaines mamans accouchent en brousse ou sur les sites des déplacés. Au cours de cette tournée, avec le Cardinal, nous rencontrons tout le monde : les groupes armés, les leaders musulmans, les chrétiens, la société civile pour écouter et prodiguer des conseils, appeler à la cessation des violences, à la cohésion sociale. Le retour à la paix reste difficile tant que l’autorité de l’État n’est pas rétablie pour assurer la protection des civils, garantir l’ordre et la justice. La paix est aussi un choix, une décision, une disposition intérieure.
 »
Puis il termine son courrier par une note d’espérance : « Je ne vous partage pas ces tristes nouvelles pour ternir la joie de Noël et de Nouvel an mais pour que nous continuions de prier et d’espérer le rétablissement de la paix en Centrafrique. [...]C’est ce que nous espérons en cette Nouvelle Année pour la Centrafrique en particulier et pour tous les pays en conflits. Prions et œuvrons chacun là où il est pour un monde plus humain et plus pacifique.
Je souhaite à chacune et chacun de vous un Joyeux Noël et une Heureuse et Sainte Année 2018 !
 »

Enfin, sur une note plus optimiste, le mot de l’abbé Mathieu Ouedraogo, du Burkina Faso : « " Il n’y avait pas de place pour Lui dans la salle commune" (cf. Luc 2, 7). En cette veille des fêtes de Noël, je vous souhaite la joie de laisser Jésus Christ trouver de la place dans votre vie de tous les jours, pour formuler 2018 en constantes bénédictions pour vous et à tous ceux qui vous sont chers ! Bonnes fêtes, Heureuse Année 2018 ! Avec ma bénédiction ! Merci encore pour votre soutien ! Abbé Mathieu  »

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