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Un livre, sur les collections africaines des spiritains, couronné par le prix Pilat 2017

mercredi 20 décembre 2017

Remis par la revue Tribal, ce prix couronne un ouvrage de fond sur l’aventure des missionnaires spiritains en Afrique de l’Ouest et les œuvres qu’ils ont collectées.
D’après Urbi & Orbi Africa, 12 décembre 2017

Plus de deux années de recherche menées dans les archives et les collections africaines de la congrégation du Saint-Esprit sont à l’origine de ce livre passionnant, Afrique à l’ombre des Dieux, couronné, samedi 9 décembre chez Sotheby’s à Paris, par le prix Pilat 2017. Le jury, réuni par la revue Tribal, spécialisée dans les arts extra-occidentaux, a récompensé cet ouvrage pour l’originalité de son sujet, son accessibilité à un large public et la qualité de son édition.
Plus d’une douzaine d’auteurs, spiritains, ethnologues ou historiens de l’art ont en effet collaboré à la rédaction de cette somme dirigée par Nicolas Rolland, historien de l’art et expert des arts classiques africains et Océaniens, qui retrace l’aventure de ces missionnaires en Afrique équatoriale de l’Ouest.

« Se faire africains avec les Africains »
La première mission au Gabon remonte à 1844. Le P. François Libermann, fondateur de la Congrégation, avait donné pour consigne aux Pères qui partaient évangéliser ces contrées « de se dépouiller de l’Europe, de ses mœurs et de son esprit et de se faire africains avec les Africains ». Ils s’y employèrent, explorant des territoires de plus en plus vastes, apprenant les langues et les coutumes locales, observant les croyances et collectant des œuvres qu’ils ramenèrent en Europe.
Le livre raconte leur épopée et met en avant quelques grandes figures comme le P. Trilles, qui, avec des qualités d’explorateur, mena de nombreuses missions en pays Fang. Ou le P. Alexandre Le Roy, défenseur des peuples pygmées, rédacteur d’un mémoire contre l’esclavage, qui devint supérieur général de l’ordre. Des photos et documents d’archives illustrent l’ampleur des observations anthropologiques ethnologiques, consignées par les Pères dans des carnets, des croquis, et même une revue.


Un regard qui change
Bien sûr, cette collecte n’était pas exempte des préjugés de l’époque. De nombreuses œuvres africaines ramenées en Europe furent présentées au public, par exemple lors de la grande Exposition coloniale de 1931, pour attester du caractère supposé « primitif » ou arriéré des coutumes et croyances africaines.
Aujourd’hui, fort heureusement, le regard a changé. Et le livre met en valeur la beauté et la force de ces statues reliquaires et de ces masques, dont beaucoup ont été données ou vendues par les missionnaires au musée d’ethnographie de Neufchâtel en Suisse ou au musée de l’Homme à Paris.

Un musée dans la Drôme
Les spiritains conservent encore toutefois 1500 objets. Ils préparent l’ouverture à l’été 2018 d’un musée à Allex, dans la Drôme, pour mettre en valeur les plus remarquables.
« Ces œuvres doivent être les intermédiaires d’un dialogue différent avec l’Afrique. Ce sont les représentants d’une culture que l’on n’a peut-être pas su découvrir dans le passé et qui a encore de grandes choses à nous dire », observe avec humilité le P. François Nicolas, en charge du projet.

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