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Sénégal. « Non à l’esclavage des migrants ! »

mercredi 29 novembre 2017

Samedi 25 novembre, Mgr Benjamin Ndiaye, archevêque de Dakar, s’est exprimé sur l’esclavage de migrants noirs en Libye. Pour Mgr Ndiaye, « il vaut mieux rester pauvre dans son pays que de subir des tortures en tentant de migrer ».

D’après Urbi & Orbi Africa, 28 novembre 2017

Peinture d’un artiste sénégalais,
représentant la Maison des esclaves, sur l’île de Gorée, au large de Dakar, Sénégal.
C’est de là que des milliers de femmes et d’hommes d’Afrique de l’Ouest
ont quitté le continent africain pour partir vivre en esclavage.


Le 15 novembre, la chaîne de télévision américaine CNN a diffusé une vidéo révélant l’existence d’un marché aux esclaves noirs en Libye. Au Sénégal, cette vidéo a suscité colère et indignation.
Le 25 novembre, l’archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye, s’est prononcé sur le sujet en marge de l’ordination de cinq nouveaux prêtres dans son diocèse.
Mgr Ndiaye s’est dit « très touché » par les images de vente aux enchères de migrants par des passeurs libyens pour des sommes allant de 500 à 700 dinars libyens (jusqu’à 435 €). « Cela m’a fait penser à la chanson du musicien sénégalais, Ismaël Lô qui se demande quand prendront fin les souffrances des Noirs », a-t-il déclaré. À ses yeux, il ne faut pas occulter la responsabilité collective. « Il est vrai que les Noirs vivent une situation injuste mais nous devons évaluer notre degré de responsabilité, a-t-il estimé. Nous n’avons pas le droit de laisser des filières d’immigration continuer d’exister alors que nous savons comment elles sont mises en œuvre. Il faut vraiment arrêter ça. »

Rester pauvre chez soi


Mémorial, sur l’île de Gorée, dédié à toutes celles et à tous ceux qui ont été arrachés à leur terre et à leur famille, vendus comme esclaves.


Mgr Benjamin Ndiaye a, en outre, appelé à travailler la « main dans la main ». Pour lui, les chefs religieux doivent jouer leur partition en donnant des directives « pour agir ensemble » afin que les jeunes se mobilisent pour développer leur pays. « Il est vrai que nous sommes un pays pauvre, mais il vaut mieux rester pauvre dans son pays que de subir des tortures en voulant tenter l’aventure de la migration », a insisté le guide religieux. Ces tortures sont, selon lui, un déni de l’humanité des migrants. « Quand des gens ne mangent pas, qu’ils sont bastonnés, où est la dignité humaine ? », s’est-il interrogé.
L’archevêque de Dakar, a, par ailleurs, proposé une solution : la sensibilisation. Il a ainsi appelé toutes les « personnes influentes » à parler aux jeunes des dangers de l’immigration clandestine. « De grâce, chers jeunes, c’est nous qui allons bâtir notre pays, c’est nous qui allons le développer, ce n’est pas quelqu’un d’autre qui va le faire à notre place », a-t-il conclu.

Migrants africains, inquiets de leur avenir, sur le sol lybien.

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