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Sénégal. « Il faut sauver Notre-Dame des victoires de Diourbel »

mercredi 25 octobre 2017

Centenaire, l’église Notre-Dame-des-Victoires de Diourbel, au Sénégal, est dans un état de délabrement avancé. Depuis de longs mois, le curé et ses paroissiens se mobilisent pour sa réfection.


D’après Urbi & Orbi, La Croix, 23 octobre 2017.

L’histoire de la mission de Diourbel débute en 1914.
Mgr Hyacinthe Jalabert, missionnaire spiritain, y achète un premier lot de terrains,
où se trouve actuellement la communauté des Sœurs du Saint-Cœur de Marie.
Un bâtiment déjà existant est aménagé en chapelle.
Le 30 avril 1916, son Mgr Jalabert inaugure la Mission de Diourbel.
Depuis 100 ans, elle n’a pas changé.


« Il faut sauver Notre-Dame-des-Victoires de Diourbel ! » Le P. Émile Dione, curé de cette paroisse située à 150 km à l’est de Dakar, dans le centre du Sénégal, a lancé ce cri d’alarme. Cela fait plusieurs mois que le curé voit, impuissant, son église tomber en ruine.
Construite en 1916, Notre-Dame-des-Victoires porte le poids de ses cent ans : toit perforé, murs ridés par d’énormes fissures, peinture délavée. « Quand il pleuvait, il fallait passer la serpillière avec le risque que les tuiles nous retombent dessus », se souvient son ancien curé, le P. Jean-Marie Sène. Quelques années après son départ de la région, l’église est davantage délabrée. La toiture « ne tient plus ». À l’intérieur, le plancher est « complètement dénivelé ». À cela, il faut ajouter une installation électrique « qui ne suit plus les normes ».
Les appels à « sauver Notre-Dame-des-Victoires » se heurtent toutefois à de nombreuses difficultés. Dans cette zone majoritairement musulmane – qui abrite la capitale de la confrérie soufie mouride – les chrétiens sont peu nombreux et pauvres. « Il y a juste un millier de baptisés dans notre paroisse. La communauté chrétienne qui est là ne peut pas financièrement supporter les charges de la réfection de l’église et de la fête de notre centenaire », a expliqué le P. Émile Dione.

La communauté musulmane est largement majoritaire au Sénégal.
La mosquée de Diourbel (photo au-dessus).
La mosquée de Touba, ville voisine de Diourbel (photo en-dessous),
et ville sainte des Mourides,
confrérie musulmane particulièrement présente au Sénégal.


La célébration du centenaire reportée

En 2016, les paroissiens, qui entendaient fêter le centenaire de leur église, ont dû décaler la fête d’un an pour « rendre présentable », l’édifice.
Au grand regret du curé, le P. Émile Dione, le premier projet a échoué « à cause du manque de moyens qui a fini de décourager les paroissiens ».
Les ambitions ont été revues à la baisse pour permettre une mobilisation plus rapide : le premier projet, établi à 60 millions de francs CFA (923 000 €) a été ramené à 30 millions de francs CFA (461 000 €). Malgré les appels lancés par Mgr André Guèye, évêque du diocèse de Thiès, et par le curé, la paroisse n’a pu collecter que le tiers de la somme escomptée.
En se serrant les coudes, les paroissiens, ont réussi à changer les bancs de l’église. « Nous n’avons pas seulement tendu la main. Nous avons travaillé en interne », s’est félicité le P. Dione qui reconnaît toutefois que l’organisation du jubilé – prévu en décembre 2017 – est compromise. « Des gens ont réagi à notre demande mais, jusque-là, l’État ne nous a pas répondu et nous sommes vraiment déçus. Mais nous osons croire qu’avant les délais impartis, il y aura des suites favorables. »

Mgr André Guèye (ci-contre), évêque de Thiès, qui a présidé la messe d’ouverture d’une année jubilaire et des cent ans de l’église de Diourbel, a lancé un appel pressant à toutes les communautés : « Je lance un appel à tous les chrétiens pour que chacun donne sa contribution parce que tout ne peut pas venir d’ailleurs. Mais un bâtiment — qui a cent ans — dans cette ville représente quelque chose. Il faut que les autorités municipales s’approprient les travaux pour que l’église, qui fait partie du patrimoine historique de la ville, soit réhabilitée. Et les autorités étatiques auront certainement aussi leur contribution à apporter. Mais que chacun se sente impliqué, de la base au sommet, pour que l’église voit sa réfection achever avant le centenaire du 29 mai prochain. Que chacun mette la main à la poche. »

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