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Sciences sociales : “L’esclavage n’a jamais été aboli, il a pris de nouvelles formes”

mercredi 8 novembre 2017

Aide aux victimes, un séminaire au Vatican

D’après un article de Zenit, 6 novembre 2017.

Enfants, prisonniers au Soudan.



« L’esclavage n’a jamais été aboli, il a pris de nouvelles formes », déplore John Francis McEldowney, un spécialiste des droits de l’homme, nommé membre de l’Académie pontificale des Sciences sociales, samedi dernier, 4 novembre 2017, par le pape François. Il évoque la préparation d’un «  pacte avec les victimes » du trafic d’êtres humains en vue de leur réinsertion dans la société.
« Aider les victimes du trafic des êtres humains – les meilleures pratiques de réintégration, d’aide juridique et de compensation » : le séminaire organisé au Vatican à la Maison Pie IV (4-6 novembre 2017) s’est conclu par une conférence de presse ce 6 novembre, avec Mgr Marcelo Sánchez Sorondo, chancelier de l’Académie pontificale des Sciences sociales, Mme Margaret S. Archer, présidente, Mme Jami Solli, avocate, co-organisatrice et fondatrice de « l’alliance globale pour une aide juridique  » et Mme Rani Hong, présidente de la Fondation-Tronie pour la lutte contre la traite et l’esclavage, qui a témoigné avoir elle-même été enlevée et « vendue » quand elle avait 7 ans. Greg Burke, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, a facilité les échanges avec la presse.
M. John Francis McEldowney est intervenu à l’invitation de Mgr Sanchez Sorondo, à propos de la préparation d’un « Pacte avec les victimes » par l’Académie pontificale.

Un jeune garçon, au travail dans une usine.



Un « Pacte avec les victimes » suppose, a dit M. McEldowney, éducation et connaissance de la part de l’opinion publique, car, a-t-il déploré, « l’esclavage n’a jamais été aboli, il a pris de nouvelles formes ».
Il a souligné qu’il fallait aussi « éviter que les victimes soient elles-mêmes poursuivies par les tribunaux », dans le cas, par exemple où on les a de force fait émigrer.
Et tout cela prend du « temps », mais il faut « passer en revue tous les éléments nécessaires ».
Ce «  Pacte avec les victimes » suppose donc aussi « un cadre légal », et qu’en même temps « les individus soient motivés à lutter pour l’humanité ».
Il a indiqué plusieurs directions : prévention, réintégration, guérison, citoyenneté. Il s’agit, a-t-il résumé, de « mettre les victimes au centre ». Et cela suppose un « travail de collaboration avec les communautés dans le monde ».

Impliquer les gouvernements
Pour sa part, Mgr Sanchez Sorondo a souligné que « le travail de l’Académie des sciences sociales contre la traite est dans le cœur du Pape » et que pour le pape Benoît comme pour le pape François aujourd’hui la traite est un « crime contre l’humanité ».
Mgr Sanchez Sorondo a expliqué que pendant le séminaire « les meilleures expériences pour "sortir" de l’esclavage ont été exposées ».
Il a cité notamment l’aide des États du Mexique pour fournir aux victimes survivantes « formation, études, diplômes, logements » de façon à les aider à se « réinsérer dans la vie normale ».
Pour ce qui est de la traite des enfants, il a déploré que le phénomène grandisse et il a fait remarquer « qu’une grande partie est passée des rues à Internet ».

La réintégration des victimes
« Nous nous sommes concentrés sur la réintégration des victimes de la Traite », a souligné de son côté la présidente, Mme Archer, qui préconise un travail en réseau : « Nous avons dans le monde des réseaux de paroisses : il faudrait transformer les paroisses passives en paroisses actives pour réintégrer les victimes du trafic d’êtres humains » et pour cela il faut « sensibiliser le public mondial au sort des victimes de la traite ».
Elle a spécialement remercié l’ancien secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki Moon d’avoir introduit « la cause des victimes » dans les « objectifs du millénaire » de l’ONU, notamment la lutte contre la prostitution forcée, les enfants-soldats et le trafic d’organes.
La mention de « l’élimination du trafic » et des « enfants-soldats » introduite dans ces objectifs « est une victoire », insiste Mme Archer.
Elle rappelle aussi l’importance de lutter contre le « trafic des enfants en vue de l’adoption, notamment des enfants des rues ».

Spirasi est une association irlandaise,
fondée par la congrégation du Saint-Esprit,
pour venir en aide
aux réfugiés, aux demandeurs d’asile et aux survivants de la torture.



Pour une aide juridique
Mme Jami Solli, avocate, co-organisatrice du séminaire, travaille pour « l’accès des pauvres à l’aide juridique », car, fait-elle observer, « les victimes ne connaissent pas la langue, ni leurs droits ».
Elle salue les interventions de Mme Archer sur la « dette sociale » des victimes.
Elle rappelle aussi l’importance de lutter contre « les transactions suspectes » et donne en exemple le modèle canadien notamment avec « un projet de protection avec data base ».

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