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RD Congo. Le voyage du pape n’aura lieu qu’après des élections

mercredi 20 septembre 2017

Un voyage proposé par le pape François en RC Congo n’aura lieu qu’après une élection présidentielle promise depuis longtemps. Dans le cadre d’un accord de paix organisé avec l’aide des évêques de la nation, le président Joseph Kabila était censé quitter la présidence le 19 décembre mais, jusqu’à présent, il n’y a aucune preuve qu’il envisage de le faire. Une date pour les élections n’a toujours pas été fixée.



Rencontre entre le Pape François et le président de la RD Congo, Joseph Kabila,
le 25 septembre 2016 au Vatican.


« Le pape voulait venir. Le Saint-Siège a précisé aux autorités congolaises que sa visite est conditionnée à l’organisation des élections établies par sa constitution », a déclaré Mgr Luis Mariano Montemayor, nonce en RD Congo.

Manifestation à Bruxelles, en Belgique, contre le maintien au pouvoir du président Kabila.

Il a ajouté qu’il y avait un risque que si le pape visitait la RD Congo avant que les élections ne soient organisées, les politiciens pourraient utiliser cette visite pour leur propre ambition politique.
« Quand il y aura une élection, nous serons sûrs qu’il y aura des conditions pour une pacification du pays. Avant cela, il y a un danger de manipulation et d’exploitation de la visite du Saint-Père, soit pour soutenir la poursuite d’un gouvernement illégitime, soit pour ceux qui espèrent expulser le régime selon les mouvements populaires », a déclaré le nonce.

À Kinshasa, les jeunes manifestent dans la rue. Ils disent "Bye, Bye !" à leur président, et veulent prévenir les violences de la police en déclarant que la défense de la Constitution n’est pas un crime !


Le pape a annulé une visite prévue en mars en raison de l’instabilité politique. Le pays le plus important d’Afrique compte 40 millions de catholiques — soit environ la moitié de la population — et l’Église est l’institution la plus respectée du pays.
En décembre 2016, les évêques catholiques ont négocié un accord de paix entre le régime du président Kabila et l’opposition. L’initiative exigeait que le gouvernement de Joseph Kabila accepte un certain nombre de demandes de l’opposition, notamment :

La libération de tous les prisonniers politiques ;
Le retour des médias saisis ;
La fin du harcèlement des politiciens de l’opposition.

Le contrat exigeait en outre que Kabila démissionne d’ici le 19 décembre 2017. Les élections se tiendraient en décembre 2017 et Kabila n’étant pas admissible à un troisième mandat. Il n’y aurait pas de référendum pour effectuer des changements à la Constitution (voulu par Kabila afin qu’il puisse briguer une réélection). Il a également été prévu des élections législatives et provinciales cette année, avec un premier ministre de transition nommé par l’opposition.
Les évêques ont déclaré à l’époque que l’accord reflétait un « compromis politique consensuel et inclusif qui définit une voie réaliste ».
Mais cet optimisme s’est rapidement évanoui car les négociations pour mettre en œuvre l’accord ont rencontré des problèmes. Les négociateurs du gouvernement et de l’opposition ne peuvent s’entendre sur un calendrier des élections — une situation aggravée par la mort soudaine du premier ministre de transition prévu, M. Étienne Tshisekedi, à Paris le 1er février.
Depuis, Kabila est restée silencieux sur la question de la tenue des élections.

Une affiche résume l’état d’esprit de la population :
elle s’en remet à Dieu pour que leur pays retrouve la paix.

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