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RD Congo. Le pouvoir répond par la violence aux manifestations pacifiques des chrétiens

mercredi 24 janvier 2018

Semaine après semaine, la Presse internationale se fait l’écho des évènements qui ensanglantent, chaque jour un peu plus, la RD Congo. Face à l’obstination du Pouvoir, l’Église catholique, suivie maintenant par d’autres communautés chrétiennes, manifeste son refus de la dictature. La répression est violente : une fois encore, lors de la manifestation du dimanche 21 janvier, le sang a coulé.
D’après l’Agence Fides, 22 janvier 2018

La République démocratique du Congo (RD Congo) est un grand pays : il couvre 2.345 millions de km², pour une population de 65,7 millions d’habitants.
☺ La croissance démographique est de 3 %.
☺ L’espérance de vie des femmes est de 51,4 ans et celles des hommes, de 47,9 ans.
☺ Les principales ethnies sont les Lubas, les Kongos, les Mongos, les Zandés, les Rundis, etc.
☺ Les principales langues parlées sont : le lingala, le swahili et le français.
☺ Les religions se partagent entre : catholiques (50 %), protestants (20 %), kimbanguistes (10 %), musulmans (10 %).
♣ La monnaie est le Franc congolais (1 € = 1923,60 CDF)
♣ L’IDH (Indice de développement humain est de 0,414 (2014), soit le 174e rang mondial.
♣ Le PIB par habitant est de 272 $ (224 €)


Au moins dix prêtres et deux religieuses ont été séquestrés par les forces de l’ordre dans le cadre des affrontements d’hier, dimanche 21 janvier, dans différentes localités de RD Congo suite à la violente répression d’une nouvelle initiative de protestation promue par les laïcs catholiques, après celle du 31 décembre dernier, elle aussi réprimée dans le sang.
« Nous avons connaissance de l’arrestation de dix prêtres, dont le P. Dieudonné Mukinayi, de la Paroisse Saint-Christophe de Binza-Ozone. Il a été séquestré dans une résidence d’un membre du gouvernement en compagnie de huit de ses paroissiens » a dénoncé Georges Kapiamba, président de l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ), selon lequel deux religieuses auraient, elles aussi, disparu.
« Les prêtres arrêtés pourraient même être au nombre de 12 en sus des deux religieuses » déclarent à l’Agence Fides des sources de l’Église congolaise. « À la différence du 31 décembre, cette fois, les protestations ont concerné de nombreuses villes de l’ensemble du territoire de la RD Congo », indiquent nos sources.

« Dans la capitale, Kinshasa, d’où il a été lancé, l’appel à manifester a été accueilli dans toutes les communes. À Goma – chef-lieu du Nord-Kivu – où le 31 décembre l’appel à manifester n’avait pas été repris au niveau local, cette fois, une manifestation s’est déroulée après la messe en la cathédrale, manifestation qui a été réprimée par la police. Dans le chef-lieu du Sud Kivu, Bukavu, la police a empêché la concentration des manifestants. À Mbuji-Mayi, chef-lieu du Kasaï oriental, depuis le début de matinée, les églises étaient encerclées par les militaires, une situation tellement tendue que l’Evêque du lieu a dû publier un communiqué demandant aux prêtres d’avoir du courage et de célébrer les messes prévues. Cependant, dans la Cathédrale de Mbuji-Mayi, les militaires ont interrompu la Messe, empêchant la consécration de l’Eucharistie », affirment les sources de Fides.
« Les morts avérés sont au moins cinq mais ils pourraient être plus nombreux, peut-être six ou sept. Parmi ceux-ci se trouve la fille d’un cadre de la police, qui est morte en protégeant des fillettes lorsque les militaires ont commencé à ouvrir le feu dans la paroisse Saint Kizito de Kinshasa. »
Le bilan provisoire de la répression, présenté par la MONUSCO (Mission de l’ONU en RD Congo) est de 6 morts, 57 blessés et plus d’une centaine d’arrestations.
La manifestation du 21 janvier était, elle aussi, organisée par le laïcat catholique afin d’exercer des pressions sur le président Joseph Kabila afin qu’il respecte les Accords de la Saint-Sylvestre 2016 et surtout pour obtenir de lui un engagement solennel à ne pas se présenter dans le cadre des élections présidentielles du 23 décembre prochain.
Hier, le Pape François a lancé un appel « demandant aux autorités, aux responsables et à tous dans ce pays bien-aimé, qu’ils fassent tout le possible pour éviter toute forme de violence et pour rechercher des solutions en faveur du bien commun. Tous ensemble, en silence, prions pour cette intention, pour nos frères de RD Congo », a déclaré le Saint-Père après l’Angélus.

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