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Message des évêques du Burkina-Faso : pauvreté et faim ne sont pas une fatalité !

vendredi 28 novembre 2008

S’agissant de la vie chère ou de la crise alimentaire, nous constatons que le phénomène touche tous les pays du monde, mais avec beaucoup plus d’acuité les pays en développement du fait du déséquilibre dans les règles du commerce international, de la flambée des prix des produits pétroliers, de la spéculation sur le marché international des céréales, de la dégradation de l’environnement sans occulter les limites des politiques agricoles à l’échelon national et international.

S’il est vrai que les populations des pays en développement, dont le Burkina, souffrent de cette crise économique et alimentaire, il faut reconnaître que beaucoup de facteurs échappent à la maîtrise des gouvernants et exigent de tous un changement radical de mentalité et de comportement. Autrement il est à craindre que cet état de choses ne perdure et n’aboutisse à une situation encore plus catastrophique.

Dans le contexte actuel de notre pays, nous ne pouvons pas invoquer seulement les aléas climatiques et la rudesse de la nature pour justifier notre pauvreté et l’insécurité alimentaire qui nous frappent. Nous pensons que certains facteurs humains contribuent à aggraver cette situation. Nous sommes tous interpellés par : la corruption qui gagne du terrain ; le manque de conscience professionnelle ; la mainmise d’une minorité sur les richesses nationales ; l’intérêt individuel ou de groupe au détriment du Bien Commun.

À la suite du Pape Benoît XVI dans son message au Sommet de la FAO à Rome, le 3 juin 2008, nous affirmons que « la faim et la malnutrition ne sont pas une fatalité… » Nous convions tous les fils et filles de l’Église-Famille de Dieu, d’une part à redoubler d’effort au travail et à faire prévaloir l’esprit de solidarité et d’entraide mutuelle en toutes circonstances et particulièrement dans ces moments difficiles, et d’autre part, à revoir leurs habitudes alimentaires afi n d’accorder plus d’importance à la consommation de ce que nous produisons. Tous, nous sommes appelés à développer des comportements responsables face aux multiples sollicitations de la société de consommation.

Le vrai développement d’une société ou d’un individu ne consiste pas à tout posséder, ni à consommer tout ce qu’on lui propose sur la place du marché. Chacun de nous devra développer davantage, en ces moments difficiles, des comportements responsables d’économie et de retenue, et faire la promotion des systèmes sociaux justes et solidaires.

Assemblée plénière de la Conférence Épiscopale du Burkina-Niger (6 juin 2008).
Extraits parus dans la lettre de l’AEA d’octobre 2008.

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