Association de soutien à l’Église catholique en Afrique

Accueil > Contes, légendes et proverbes d’Afrique

L’épreuve

mercredi 14 mars 2018

Il y a longtemps, très longtemps, sur la côte ouest de l’Afrique, régnait un jeune roi que l’on appelait Tokoro. Il était indiscret et manipulateur, et tout le monde avait peur de lui.
Il voulait savoir qui, de l’homme ou de la femme, aimait réellement le plus son conjoint. Pour satisfaire sa curiosité, Tokoro faisait venir dans son palais des couples et leur posait beaucoup de questions sur leur vie sentimentale.
Un jour, le roi fit venir un jeune homme pauvre, nommé Sandjiri. Il le reçut avec beaucoup de respect et lui déclara :
«  Sandjiri, tu es courageux. J’aimerais t’aider à sortir de la misère dans laquelle tu vis depuis si longtemps. Auparavant, il faudra que tu me rendes un service.
– Majesté, que puis-je faire pour vous ?
demanda poliment Sandjiri.
– Je veux juste que tu m’apportes demain, au premier chant du coq, la tête de ta femme fraîchement coupée. Voici le couteau avec lequel tu accompliras ta mission.  »
Le roi lui remit un sac d’or et promit de lui en donner encore plus en cas de réussite de l’épreuve. L’homme prit son trésor et rentra chez lui. Il était tourmenté, abattu. Il se demandait : comment un homme peut-il tuer sa femme pour de l’or ?
Le soir venu, Sandjiri garda le silence durant le dîner. Inquiète, sa femme lui demanda ce qui n’allait pas. Il lui répondit qu’il était juste fatigué. Comme elle se levait tôt tous les matins pour vendre du bois mort au marché, elle se coucha et s’endormit très profondément.
Sandjiri prit le couteau, s’approcha de sa femme mais il ne put exécuter l’ordre du roi. Il s’endormit à son tour auprès de sa femme et la serra fort dans ses bras.
Le lendemain matin, Sandjiri rapporta le sac d’or et le couteau à Tokoro.
«  Majesté, dit-il, je n’ai pas pu tuer ma femme, malgré toute ma bonne volonté de vous rendre service. Je vous prie donc de reprendre votre or et votre couteau.  »
Le roi les récupéra et ordonna à Sandjiri de rentrer chez lui.
Il convoqua en secret Diobé, la femme de Sandjiri. Le roi la combla d’or et lui demanda de couper la tête de son mari. Il lui remit le couteau et lui donna rendez-vous le lendemain au premier chant du coq.
Diobé rentra à la maison et raconta tout à son mari. Sandjiri lui raconta également son épreuve. Après réflexion, ils décidèrent de s’enfuir avec le trésor.

Et l’on dit que le roi attend toujours le retour de Diobé.


Le conte est un trésor qui se partage et qui se transmet de génération en génération.

Mille ans de contes, Souleymane Mbodj, Afrique, Éd. Milan jeunesse.

Nous contacter | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0