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L’ONU affirme que la faim augmente pour la première fois depuis dix ans

mercredi 20 septembre 2017

Malgré un prétendu engagement mondial pris en 2015 pour mettre un terme à la faim dans le monde d’ici l’an 2030, le dernier rapport des Nations-unies montre que le nombre de personnes qui n’ont pas accès à assez de nourriture a augmenté pour la première fois en 10 ans.



Quatre régions d’Afrique risquent d’être touchées par la famine en 2017.

Selon le rapport État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde de 2017, 815 millions de personnes n’avaient pas assez de nourriture en 2016. Ce chiffre représente 11% de la population mondiale, dont beaucoup sont des enfants.

Pays en guerre depuis sa création, en juillet 2011, le Sud Soudan voit sa population souffrir de malnutrition... en attendant la famine.

Le rapport a été produit par l’Organisation des Nations-unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Le pape François doit visiter les principaux bureaux de l’Organisation, situés à Rome le 16 octobre, à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, parrainée par l’ONU.

Chassés par la guerre avec le Soudan, démunis faces aux rébellions internes, nombreux sont les habitants du Sud Soudan à vivre dans des camps... où ils rencontrent la violence et la famine.

La dernière fois que François est allé à la FAO, en 2015, il a expliqué ce qu’il a appelé le « paradoxe » d’un monde dans lequel les armes circulent librement mais l’aide humanitaire, comme la nourriture pour les personnes affamées, est bloquée par la politique, l’intérêt personnel et les petites considérations bureaucratiques.
Plus tôt cette année, dans un message lu par son secrétaire d’État, le cardinal italien Pietro Parolin, le pape François a déclaré à la FAO que la raison pour laquelle la faim et la malnutrition existent encore est due à un « manque de culture de solidarité », et au fait que les pays ne font pas assez pour s’attaquer au problème.

Le Yémen est gravement touché par la famine... qui vient s’ajouter aux souffrances lies aux conflits internes. Dans un camp de déplacées, des femmes et des jeunes filles font la queue pour obtenir un peu de nourriture.


L’augmentation de la faim observée dans le rapport, représentant environ 38 millions de personnes de plus qu’en 2015, s’explique en grande partie par la prolifération de conflits violents et de chocs liés au climat, tels que les inondations extrêmes et la sécheresse.
Le rapport estime également que 155 millions d’enfants de moins de cinq ans sont trop petits pour leur âge, tandis que 52 millions ont un poids trop faible pour leur taille.

Un homme accablé ! Ce Somalien a tout perdu : ses quelques animaux n’ont pas survécu à la sécheresse et gisent, derrière lui, sur une terre assoiffée d’eau. Comment subvenir à ses propres besoins, dans de telles conditions ? Et comment venir en aide à sa famille ?

Il s’agit du premier rapport de ce genre publié après l’adoption en 2015 des Objectifs de développement durable de 2030 (ODD), qui devait mettre un terme à la faim et à toutes les formes de malnutrition d’ici cette année en tant que principale priorité politique internationale.

Le nord du Nigeria vit une situation dramatique avec la présence de Boko Haram. Ces derniers mois, la situation s’est encore aggravée avec la famine qui sévit dans la région et qui met de nombreuses familles sur les routes.

Les observateurs ont considéré ce rapport comme un « rappel à l’ordre particulier », étant donné que les objectifs 1 et 2 des ODD s’attaquent à la pauvreté et à la faim.
Dans les régions où la faim a augmenté en raison de la guerre et des conflits, le défi est encore plus grand car les organismes de bienfaisance tels que Caritas, Catholic Relief Services et Cafod, ou les organismes d’aide gouvernementaux ne peuvent fournir une assistance sans garantie minimale et sans systèmes de distribution qui peut apporter des aliments en toute sécurité aux destinataires.
De plus, dans les pays confrontés à un état de crise, mais pas de guerre réelle, comme le Venezuela ou la Corée du Nord, les gens sont en train de mourir de faim en raison de politiques et de priorités vouées à l’échec.
En parlant sous anonymat, un responsable de l’Église ayant réagi au rapport de la FAO a noté que l’engagement international et l’approvisionnement humanitaire adéquat ne suffisent pas à lutter contre la faim : les situations de conflit armé et les échecs de leadership peuvent freiner les meilleures intentions et les meilleurs réseaux.

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