Association de soutien à l’Église catholique en Afrique

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L’Église d’Afrique sensibilise aux dangers des migrations

mercredi 12 juillet 2017

Alors que les responsables politiques africains restent impuissants devant les flux migratoires entraînant des milliers de morts, l’Église s’investit auprès des candidats à la migration en les sensibilisant aux dangers qu’ils encourent.

Un bateau chargé de migrants arrivent sur les côtes de l’Europe,
alors que d’anciens candidats à la traversée sont venus les accueillir.


Comment gérer les flux migratoires ? Quel discours tenir aux candidats à l’immigration, entre droit au déplacement et nécessaire sensibilisation aux dangers d’une aventure à haut risque ? Ces deux questions percutent les Églises africaines qui restent désarmées face à l’instabilité politique et les conditions économiques qui génèrent des flux migratoires. Elles s’interrogent sur la dignité humaine des migrants et sont en première ligne dans l’aide humanitaire. Témoin « des horreurs épouvantables de la perte de milliers d’Africains dans la Méditerranée », comme le rappelle à La Croix, le P. Michel Guillaud, secrétaire de la Conférence épiscopale du Nord de l’Afrique (Cerna), l’Église du continent cherche à mutualiser les forces pour affronter les conséquences du flux migratoire.

Des migrants, originaires d’Afrique sub-saharienne, tentent de passer la frontière de Ceuta.


C’est dans cette dynamique que la Cerna a tenu son Assemblée plénière du 2 au 5 février à Keur Moussa au Sénégal pour « rencontrer des responsables d’Églises subsahariennes d’où sortent la plupart des migrants et réfléchir sur les moyens que l’Église se donne pour secourir les faibles », assure le P. Michel Guillaud.

« Les migrants ne constituent pas un enjeu politique ; nous les considérons comme des personnes », avait déclaré à l’époque Mgr Paul Desfarges, archevêque d’Alger et président de la Cerna. Il évoquait également la nécessité pour l’Église d’écouter avec « bienveillance des migrants pour se laisser interpeller par les épreuves intérieures que vivent nombre d’entre eux ».« L’Église assure régulièrement la visite aux migrants qui sont en détention et plaide pour l’allègement de leur peine et, au besoin, leur obtenir la régularisation des papiers leur permettant de rentrer dans leur pays d’origine », rappelle le P. Michel Guillaud.

« Il est important de connaître les raisons qui ont entraîné à la migration »
« La proximité auprès des migrants qui ont échoué dans l’aventure migratoire et leur réinsertion dans la société constitue le fil d’Ariane de notre plan d’action », explique le P. Alphonse Seck, secrétaire général de Caritas Sénégal. Responsable du réseau de migration et de développement de la société civile en Afrique (Made Afrique), il coordonne le travail des 15 Caritas de l’Afrique de l’Ouest (francophone, anglophone, lusophone).
Toutefois, confie-t-il, « si la liberté d’immigrer est un droit inaliénable pour tout citoyen du monde, nous avons le devoir de rappeler aux migrants les dangers que leur fait courir la migration clandestine, parfois au risque de la vie  ».
Dans cet esprit, plusieurs diocèses d’Afrique centrale ont créé des centres d’écoute dans chaque paroisse comme « lieux de sensibilisation et d’accompagnement social pour les migrants  », selon Daniel Kanza, animateur pastoral à Ruwengeri au Rwanda. « Il est important de connaître les raisons qui ont entraîné à la migration, afin de discerner une nouvelle orientation pour le candidat dont les espoirs ont été déçus », insiste-t-il.

Hommage de migrants à ceux qui ont péri en mer.

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