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DR Congo. On sonnera les cloches pour Kabila

mercredi 20 décembre 2017

En RD-Congo, les cloches sonneront pour réclamer l’application de l’accord de la Saint-Sylvestre.
Les curés et doyens du diocèse de Kinshasa, en RD Congo ont demandé, à partir du 14 décembre à 21 heures, aux paroisses catholiques de faire sonner, tous les jeudis, leurs cloches pendant 15 minutes pour réclamer l’application de l’Accord de la Saint-Sylvestre.

D’après Urbi & Orbi Africa, 12 décembre 2017

L’Église catholique de la RD Congo multiplie les pressions pour obliger le pouvoir à respecter les termes de l’Accord de la Saint-Sylvestre, le 31 décembre 2016.
Après la Conférence épiscopale nationale de la RD Congo (Cenco) et l’association des laïcs, c’est au tour des curés et doyens du diocèse de Kinshasa d’élever la voix.
Selon une dépêche publiée le 12 décembre par l’agence Fides, à partir du 14 décembre, à la demande des curés et doyens kinois, tous les jeudis soirs à 21 heures, les cloches des églises sonneront pour exiger l’application de l’accord signé le 31 décembre 2016 entre l’État congolais et les partis d’opposition, sous l’égide de la Cenco. Cet accord posait des garanties pour l’organisation d’une élection présidentielle avant le 31 décembre 2017.
La crise politique en RD Congo a commencé en 2016. Le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, repousse alors l’organisation de l’élection présidentielle, quand son second mandat devait prendre fin en décembre 2016.

La pression de la Cenco
En octobre 2017, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) avait annoncé qu’elle n’avait pas encore bouclé les opérations d’enregistrement des électeurs dans le fichier électoral et que les élections ne pourraient pas avoir lieu avant 2019. Sous la double pression des États-Unis et de la Cenco qui exigeaient la tenue d’élections en 2018, cette commission avait finalement fixé la date des élections au 23 décembre 2018. Les évêques avaient alors averti le pouvoir que « le peuple ne tolérera pas » que la situation de 2016 se répète en 2018.
Le 24 novembre, au terme de son Assemblée plénière, l’épiscopat congolais avait exigé le respect des engagements de la Saint-Sylvestre et lancé un message au chef de l’État Joseph Kabila. « Monsieur le président de la République, nous vous exhortons à rassurer l’opinion – par une déclaration publique – que vous ne serez pas candidat à votre propre succession. Nous sommes convaincus que cela contribuerait à l’apaisement des tensions politiques », avait-il écrit dans sa déclaration finale.

Faire du bruit pour exiger le respect de l’accord de la Saint-Sylvestre
Les curés et doyens du diocèse de Kinshasa entendent, par leur décision, soutenir le combat de la Cenco. Ils demandent également aux fidèles catholiques d’accompagner le son des cloches en faisant le plus de bruit possible pendant 15 minutes : klaxons de voitures, sifflets, vuvuzelas, bruit de casseroles.
Le 2 décembre, des laïcs congolais réunis au sein du Comité laïc de coordination (CLC) s’étaient fermement opposés à une éventuelle candidature du président Kabila aux élections du 23 décembre 2018 et avaient exigé le respect total de l’accord de la Saint-Sylvestre. « Le Comité laïc de coordination exige une déclaration publique du président de la République qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession, la mise en application effective de toutes les mesures de décrispation de l’accord de la Saint-Sylvestre ! », avait déclaré le professeur Thierry Nlandu Mayamba, qui prenait la parole au nom du comité.
Les laïcs avaient, en outre appelé les chrétiens à sortir de leur léthargie. « Un peuple qui a peur, un peuple qui n’ose plus, un peuple qui n’est plus à l’image du Dieu créateur. Voilà ce que nous sommes en train de devenir, voilà ce contre quoi, nous devons dire non », s’était indigné le CLC qui avait, par ailleurs, appelé les chrétiens à mener une action d’éclat le 31 décembre, date anniversaire de l’accord de la Saint-Sylvestre.


Depuis des mois, maintenant,
les manifestations de Congolais vivant en Belgique se succèdent
pour demander le départ du président Kabila.

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