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Dieu-seul-est-roi

mercredi 17 janvier 2018

Il y avait une fois, dans une ville, un homme sur lequel on ne savait pas grand-chose. Il parlait peu. Il avait un nom, un nom majestueux : «  Onyame nko ara ne hene  », c’est-à-dire «  Dieu-seul-est-roi  ». Chaque fois qu’un homme l’appelait par ce nom, il tournait vers lui un regard ferme et tranquille et il répondait : «  Oui, en effet, il en est ainsi.  »
Le roi de la ville entendit parler de lui. Piqué de curiosité, il le fit convoquer et l’interpella : «  Dieu-seul-est-roi !   » L’homme regarda le roi au milieu de ses dignitaires et sa voix se fit entendre, solennelle : «  Oui, en effet, il en est ainsi.  »
Le roi lui fit signe de s’approcher et lui remit un de ses anneaux d’or qu’il portait, en lui recommandant de le garder précieusement jusqu’au jour où il le lui redemanderait. L’homme le prit et s’en alla.
De retour chez lui, Dieu-seul-est-roi raconta à sa femme son étrange aventure et lui confia l’anneau, avec la consigne de le lui remettre dès qu’il le lui réclamerait. La femme accepta et alla cacher le bijou.
Longtemps après, Dieu-seul-est-roi entreprit un voyage. Lorsque le roi apprit ce départ, il envoya ses serviteurs chercher la femme. «  Sais-tu où ton mari a caché mon anneau d’or ?   » lui demanda-t-il. «  Oui  », répondit la jeune femme en tremblant.
Il lui ordonna de le lui apporter sur-le-champ et la fit escorter par ses gardes jusqu’à sa demeure. Dès qu’il eut repris possession de son bien, le roi fit remettre à la femme quelques présents et la congédia.
La seconde étape de son plan allait pouvoir se dérouler.
Il confia l’anneau à des hommes sûrs, avec des ordres précis à exécuter. Ils partirent le lendemain matin et revinrent au coucher du soleil, leur mission remplie. Le roi s’endormit ce soir-là dans un contentement profond, sûr de faire proclamer bientôt que lui seul était roi.


À quelque temps de là, Dieu-seul-est-roi prit le chemin du retour. Dans un village, près de sa ville, c’était le jour du marché. Il s’y arrêta et acheta un beau poisson qu’il choisit dans un panier. Il l’offrit à sa femme en arrivant à la maison et commença à s’entretenir avec elle de son voyage. Tout en l’écoutant, la femme diligente se mit à préparer le poisson...
«  Qu’est-ce qui brille dans les entrailles que tu viens de mettre de côté ?   » fit-il soudain.
Elle se penche, cherche et saisit l’objet. Ayant reconnu l’anneau du roi, elle pousse un cri de stupéfaction. «  Un anneau de roi, Dieu-seul-est-roi !  » — En effet, il en est ainsi  », répondit son mari en la regardant longuement. L’épouse raconta à son mari tout ce qui s’était passé pendant son absence et comment elle avait été obligée de rendre l’objet.
Dès que le roi sut que l’homme était de retour, il le convoqua. «  Dieu-seul-est-roi, le jour est venu pour toi de me remettre ce que je t’avais confié. Si tu ne me rends pas mon bien, ton châtiment sera terrible et je ferai en sorte que personne n’entende plus jamais prononcer ton nom !  »
L’homme s’en alla chez lui, prit l’anneau et fut promptement de retour. Il le présenta au roi. Celui-ci, après avoir examiné l’objet, bondit de son trône, convoqua ses hommes de confiance. «  Avez-vous suivi mes instructions ? — Oui !  » répondirent-ils. Ils affirmèrent avoir, selon ses ordres, jeté l’anneau dans les profondeurs de la rivière.
«  Dieu-seul-est-roi !   » appela le roi. «  Il en est ainsi  », répondit l’homme en s’avançant.
«  Jusqu’à présent, reprit le roi, je voulais te perdre pour bien montrer que ton Dieu n’est pas plus grand que moi. Mais maintenant je prononce ton nom avec crainte. Ces événements me confondent. Les anciens ont raison de dire : “ Si Dieu n’a pas décidé de la mort d’un homme, ses ennemis se fatiguent en vain à le poursuivre de leur haine. ” Ton Dieu voulait que tu vives et il a gagné. Je reconnais désormais moi aussi que ton Dieu est le Roi suprême et je n’aurai plus honte de le faire entendre chaque fois que je dirai ton nom : “ Dieu-seul-est-roi ! ”
Cette fois-ci les dignitaires accompagnèrent en chœur l’homme lorsqu’il répondit : «  Oui, il en est ainsi.   »

Conte akan du Ghana. Texte traduit par Kwasi Gyan

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