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Centrafrique. « Le pardon n’a jamais exclu la justice, bien au contraire »

lundi 11 décembre 2017

Dans une interview accordée au journal Centrafrique Espoir et reprise par le site journaldebangui.com, l’archevêque de Bangui, le cardinal Dieudonné Nzapalainga, a insisté sur l’importance de la justice pour une paix durable en Centrafrique.
D’après Urbi & Orbi Africa, 7 décembre 2017

Dans une interview publiée par le site centrafricain d’information le journaldebangui.com lundi 4 décembre, le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, a affirmé la nécessité d’une justice équitable dans la crise centrafricaine. À ses yeux, la justice est un préalable pour que le pardon et la paix s’installent durablement.
« Le pardon n’a jamais exclu la justice, bien au contraire. La justice passe d’abord et le pardon vient ensuite comme un couronnement, a-t-il notamment estimé. Si vous avez reconnu et accepté ce que vous avez fait, le pardon vous sera accordé. Mais si vous êtes dans le déni de réalité, vous êtes dans une attitude de toute-puissance et alors le pardon n’a pas son sens. »
En mai 2016, Fatou Bensouda, procureur de la Cour pénale internationale avait annoncé l’ouverture d’une enquête sur les « atrocités » commises en Centrafrique.

La nécessité d’une justice locale
En Centrafrique, pays fragilisé par des coups d’État à répétition, la situation s’est détériorée en 2013, quand le président François Bozizé a été renversé par les forces rebelles de la Séléka, majoritairement composées de bergers musulmans et de mercenaires étrangers. Le conflit prend une tournure religieuse lorsque les chrétiens (80 % de la population centrafricaine) s’organisent pour se protéger des pillages de la Séléka. Ces milices chrétiennes d’auto-défense, les anti-balakas deviennent à leur tour violents et s’en prennent aux musulmans, en guise de représailles.

Pour le cardinal Nzapalainga, la justice de la Cour pénale internationale devrait être complétée par une justice locale coutumière. « Il y a des gens dans des villages qui ne pourront pas venir au tribunal pénal international et donc on a intérêt que cette justice joue son rôle au niveau coutumier parce que l’essentiel sera la cohésion sociale, argumente-t-il. Quand le chef rassemble tous ses subalternes ou bien tous ses concitoyens, c’est qu’il y a un problème et, à la fin, on prend une sentence localement et la cohésion peut revenir. »

Les premiers à souffrir de la crise que connait la Centrafrique
depuis plusieurs années maintenant,
ce sont les enfants. Dans un camp de réfugiés,
des enfants font la queue pour obtenir un peu de nourriture.

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