Association de soutien à l’Église catholique en Afrique

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Cameroun et Angola, un voyage de Benoît XVI sous le signe de la réconciliation et de la justice

mardi 17 mars 2009

Le premier voyage de Benoît XVI en Afrique le mènera au Cameroun puis en Angola, du 17 au 23 mars 2009. Ce voyage devrait être particulièrement dominé par les questions de justice et de réconciliation sur le continent noir. Un continent, a indiqué le pape lui-même lors de la prière de l’angélus du 15 mars, avec « ses graves problèmes, ses blessures douloureuses et ses énormes potentialités et espérances ».

Benoît XVI effectue donc, à 82 ans [il fêtera dans un mois son 82e anniversaire]], un voyage qui le mène dans deux pays différents où il prononcera un peu plus d’une quinzaine de discours ou homélies.

A Yaoundé, au Cameroun, Benoît XVI remettra officiellement aux évêques africains "l’Instrumentum laboris" (un épais document de travail) du second Synode spécial sur l’Afrique organisé en octobre prochain au Vatican. Cette assemblée des évêques sera consacrée à « l’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix ». A Luanda, en Angola, le pape visitera par ailleurs le premier pays de l’Afrique sub-saharienne à avoir été évangélisé, à la fin du 15e siècle.

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Benoît XVI, dont le souci constant semble être de replacer le Christ au cœur de la société occidentale, a indiqué deux jours avant son voyage qu’il entendait « idéalement embrasser tout le continent africain » lors ce déplacement pour porter en Afrique « la Bonne Nouvelle » du Christ. Il souhaite avant tout « confirmer les catholiques dans la foi, encourager les chrétiens dans l’engagement œcuménique, apporter à tous l’annonce de paix confiée à l’Eglise par le Seigneur ressuscité ».

Justice et paix en Afrique

Les thèmes de la justice, de la réconciliation et de la paix devraient ainsi être au cœur des principales interventions du pape au Cameroun, devant les évêques du pays et du continent tout entier, mais aussi en Angola. Cette ancienne colonie portugaise n’est sortie qu’en 2002 d’une guerre civile de près de 27 ans. A Luanda, Benoît XVI s’adressera aux autorités politiques et au corps diplomatique. Devant des diplomates du monde entier, à propos de l’Afrique, il exhortait déjà en janvier dernier « ceux qui exercent des responsabilités politiques, au niveau national et international, de prendre toutes les mesures nécessaires pour résoudre les conflits en cours et pour mettre fin aux injustices qui les ont provoqués ».

Au Cameroun et en Angola, a confié à I.MEDIA Mgr Robert Sarah, secrétaire de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, le pape va ainsi « encourager l’Afrique à prendre au sérieux le thème de la réconciliation ». Il s’agit, aux yeux de ce haut prélat guinéen, de « permettre d’unir chaque pays, chaque peuple, de manière à engager un développement harmonieux sur le plan social, économique, politique et religieux ». L’ancien archevêque de Conakry espère donc que Benoît XVI encouragera l’Afrique à « se prendre en main » pour résoudre elle-même les conflits qui la meurtrissent. Mais le prélat africain reconnaît que la communauté internationale doit aussi y contribuer « car de nombreux conflits ne trouvent pas leur origine en Afrique ».

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Pour autant, le pape lui-même a précisé au cours de la prière de l’angélus du 15 mars que l’Eglise « ne poursuit (…) pas d’objectifs économiques, sociaux, politiques » mais qu’elle « annonce le Christ ». Benoît XVI a ainsi prévenu toute tentative de récupération politique ou accusation d’ingérence sur le continent. Malgré cela, Benoît XVI ne devrait pas manquer d’évoquer la crise économique actuelle, et ses effets sur le continent africain. Nul doute que le pape, une nouvelle fois, s’arrêtera également sur le sort des enfants en Afrique, premières victimes de la misère et des conflits, mais aussi sur les questions de corruption.

Les défis de l’Église

Sur le plan ecclésial, confie par ailleurs Mgr Sarah, le pape devra inviter la « jeune Eglise d’Afrique à consolider sa foi et à se l’approprier ». Outre la réponse de l’Eglise aux conflits et à la pauvreté qui marquent le continent, le pape devrait donc évoquer la question préoccupante des sectes « qui envahissent l’Église », et celle du dialogue interreligieux sur un continent où les fidèles de l’islam sont majoritaires.

Mais l’Église y est en pleine croissance. Elle « est vivante, avec beaucoup de conversions, de vocations et les séminaires sont pleins dans de nombreux pays », explique Mgr Robert Sarah.

Par ailleurs, Benoît XVI célébrera 3 messes publiques et un office des Vêpres où les chants locaux auront leur place autant que le grégorien. Soucieux des belles liturgies et promoteur d’un retour à la tradition, le pape avait ainsi dernièrement mis en garde les évêques du Nigeria en visite à Rome contre "les excès" en la matière. Le 15 février dernier, il avait en effet encouragé les "efforts" des évêques nigérians en vue de « maintenir l’équilibre approprié entre les moments de contemplation et les gestes extérieurs de participation et de joie ».

Antoine-Marie Izoard, I.MEDIA


L’Église du Cameroun

Lors de la première étape de son déplacement en Afrique, Benoît XVI se rendra au Cameroun du 17 au 20 mars 2009. Dans cette ancienne colonie allemande, il doit entre autres s’entretenir avec les autorités civiles, rencontrer les responsables de la communauté musulmane du pays et un groupe de quelque 200 malades. Avant tout, au cours de son séjour dans la capitale Yaoundé, Benoît XVI doit remettre aux évêques du continent le document de travail - "Instrumentum laboris" - du second Synode spécial pour l’Afrique qui se tiendra au Vatican du 4 au 25 octobre 2009.

Le Cameroun, presque aussi grand que l’Espagne, compte un peu plus de 18 millions d’habitants dont presque 5 millions de catholiques, soit 27 % de la population (au 31 décembre 2007 selon le Bureau central des statistiques de l’Eglise). Ce pays où le nombre de catholiques est croissant, compte 24 diocèses et 31 évêques.

On compte, à travers le pays, un peu plus de 800 paroisses et 1847 prêtres dont 1226 sont diocésains et 621 religieux. Il y a aussi une quinzaine de diacres permanents, 288 religieux non prêtres, 2478 religieux et 28 laïcs membres d’instituts séculiers. Il y a en outre 1361 séminaristes.

Sur le plan éducatif, on y trouve 1530 écoles maternelles et primaires catholiques qui accueillent près de 411’000 élèves, 151 collèges et lycées (avec 98’986 élèves) et 14 instituts supérieurs et universités (3’025 étudiants). Concernant les centres caritatifs et sociaux appartenant ou dirigés par des ecclésiastiques ou des religieux, on recense 28 hôpitaux, 235 dispensaires, 12 léproseries, 11 maisons de soins ou de retraite, 15 orphelinats et garderies, 40 centres familiaux pour la protection de la vie et 23 centres spéciaux d’éducation ou de rééducation sociale ainsi que 32 autres institutions. JB/Mr/Ami

L’Eglise angolaise en chiffres

Ancienne colonie portugaise à peine sortie d’une guerre civile de près de 27 ans, l’Angola sera, du 20 au 23 mars 2009, la deuxième étape du voyage de Benoît XVI en Afrique. A Luanda, la capitale, le pape devra particulièrement rencontrer le corps diplomatique, les mouvements catholiques oeuvrant pour la promotion de la femme et participera également à une rencontre avec les jeunes dans un stade de la ville.

Sur une population totale de plus de 15 millions d’habitants, l’Angola compte plus de 8,6 millions de catholiques, soit 55 % de la population (au 31 décembre 2007, selon le Bureau central des statistiques de l’Eglise). Plus grand que deux fois la France, l’Angola compte 18 diocèses et 27 évêques. On compte dans le pays quelque 300 paroisses et 794 prêtres dont 443 sont diocésains et 351 religieux. Il y a aussi 1 seul diacre permanent, 98 religieux non prêtres, 2’276 religieux et 5 laïcs membres d’instituts séculiers. L’Angola comprend en outre quelque 1’200 séminaristes.

Sur le plan éducatif, on y trouve 481 écoles maternelles et primaires catholiques pour près de 227’000 élèves, 121 collèges et lycées (avec 52’535 élèves) et 12 instituts supérieurs et universités (4’465 étudiants). Concernant les centres caritatifs et sociaux appartenant ou dirigés par des ecclésiastiques ou des religieux, on recense 23 hôpitaux, 269 dispensaires, 4 léproseries, 16 maisons de soins ou de retraite, 45 orphelinats et garderies, 37 centres familiaux pour la protection de la vie et 28 centres spéciaux d’éducation ou de rééducation sociale ainsi que 41 autres institutions. (apic/imedia/mr/ami/be)

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