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Burkina Faso. Lutte contre la faim : des évêques s’engagent

mercredi 18 octobre 2017

Renforcer la résilience des ménages dans le domaine de la sécurité alimentaire de dix villages dans les diocèses du nord du Burkina Faso (Ouahigouya, Dori et Kaya) : tel est l’objectif du projet "KOM SAYA" ("La faim est finie", en langue mooré), dont le lancement officiel s’est effectué ce samedi 8 juillet 2016, à Kaya, chef-lieu de la Région du Centre-Nord par CARITAS-Burkina, en partenariat avec CARITAS-Espagne. Le projet, d’un coût de 706 849 000 FCFA (soit 1 079 158 €), ambitionne de proposer des solutions adaptées aux publics cibles, identifiés comme bénéficiaires. Il prend en compte plusieurs secteurs comme l’agriculture, l’élevage, l’environnement, l’énergie, la nutrition, l’eau potable et l’assainissement. Une grande partie du projet est financée par CARITAS-Espagne sur une période totale d’exécution de deux ans.


Il y a 7 ans, une marche contre la faim avait rassemblé plus de 20 000 personnes
dans les rue de la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou.
Le problème n’est pas récent, mais les solutions manquent.

La zone du projet fait partie des zones les plus déficitaires en pluies du Burkina Faso, caractérisées par une mauvaise répartition, un arrêt prolongé ou précoce des pluies et souvent par des épisodes de vents violents qui détruisent les végétaux et les habitations sur leur passage.
Les rendements agricoles sont faibles et sont étroitement liés à la faiblesse de l’activité pluviométrique, aux techniques non adaptées et au manque d’équipements et de connaissances techniques de production. La période de soudure se prolonge souvent sur quatre mois et plus au cours de l’année et cela est une atteinte au droit à l’alimentation de tout homme.
Ne pouvant pas produire suffisamment de céréales, certains ménages se consacrent à l’élevage des animaux ou au maraîchage, là où cela est possible, comme alternative pour avoir des revenus financiers. Malheureusement, les ressources en eau pour le maraîchage sont temporaires si bien que les récoltes ne permettent pas à ceux qui le pratiquent de subvenir à leurs besoins.

Quand l’eau potable est accessible, beaucoup de problèmes sont résolus.
Pour cela, il faut une réelle volonté politique de développement
dans les zones impactées par la sécheresse chronique.


Les populations ont un accès difficile aux services sociaux de base comme l’eau potable, la santé et une éducation de qualité. La situation de l’approvisionnement en eau potable et de l’assainissement dans la zone du projet est inadmissible. Les femmes parcourent de grandes distances (plus de 5 km, en saison sèche, pour les femmes de la ville de Kelbo, dans la province du Soum, relevant du diocèse de Dori) pour avoir de l’eau pour les besoins domestiques. À cela il faut ajouter le manque de formation professionnelle qualifiante dans les villages concernés par le projet. Les femmes et les jeunes pris individuellement — ou en groupes — ne peuvent pas se former.

De retour du champ, une femme prépare une maigre récolte de gombo.


Enfin, un autre problème de développement qui se pose avec importance est le faible niveau d’accès aux services sociaux comme l’information sur l’hygiène, l’assainissement et la complémentarité des qualités nutritives des aliments locaux.
Présent au nom des trois évêques de la zone d’intervention, Mgr Thomas Kaboré, évêque du diocèse de Kaya, dira, à l’endroit des participants au lancement officiel du projet "KOM SAYA" : « L’éradication de la faim qui est l’ambition de ce projet reste un défi immense ; mais je souhaite que vous puissiez en faire une réalité palpable dans ces dix villages. L’atteinte des résultats de ce projet requiert une véritable synergie des acteurs, une réelle appropriation des objectifs du projet par tous et l’adhésion des autorités régionales, provinciales, communales, religieuses, des services techniques décentrées de l’État, et des structures villageoises, parties prenantes dudit projet. »
Le programme sera mis en œuvre par les Secrétariats exécutifs des CARITAS des trois diocèses différents, chacun dans sa zone d’intervention et sous la coordination technique du secrétariat général de CARITAS-Burkina.

Pour plus d’information sur l’Église du Burkina Faso, cliquez sur le lien suivant : egliseduburkina.org/

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